Le film

Note d’intention



Nous cherchons à réaliser un film expérimental muet en pellicule Super 8 ayant pour thème principal le bruit et ses perceptions. En combinant plusieurs images que le spectateur moderne associe directement à un son plus ou moins fort, nous espérons à travers ce court-métrage varier le rythme, le tempo, l’ambiance, le volume, d’un cri imaginaire. En effet, le scénario a été pensé pour allier des moments parfois joyeux, tristes, angoissants, porteurs d’espoir, … au sein de ce qui nous semble évident d’appeler une symphonie. Au-delà d’une simple expérience sur le son imagé, il s’agit véritablement de réaliser un film sur ce qui nous semble être la base même du cinéma : la narration émotionnelle à travers une narration graphique.

Nous pensons également qu’il est important de réaliser cet effet Koulechkof sonore à une époque où la pellicule est en train de perdre du terrain sur le numérique. Non pas pour s’opposer au progrès ; mais bien pour mettre en évidence que le cinéma n’es pas dépendant des évolutions techniques (numérique, 3D, …) pour pouvoir communiquer des émotions. Et qu’à l’instar du super 8 en son temps, les nouvelles technologies ne sont pas des évolutions du cinéma mais bien différents outils pour compléter un art.

C’est aussi l’occasion de travailler un courant qui pour nous est parallèle à celui de l’avant-garde : le néo-réalisme. En n’utilisant ni acteur ni artifice, nous pensons nous approcher au plus près des émotions au centre du film. Il nous semble d’ailleurs évident qu’il eut été, si ce n’est impossible, du moins bien différent de l’expérience que nous souhaitons tenter ici, qu’un tel film ait pu voir le jour avant l’arrivée du sonore. Dans l’idée de la célèbre citation de Bresson : « Le cinéma sonore a inventé le silence » ; il s’agit ici d’inventer du bruit avec le muet.

Toutefois, le film ne sera pas entièrement muet. Bien que dépourvu d’un son direct, il sera accompagné d’un son de souffle de haut-parleur. Encore une fois, il s’agit de correspondre à l’image du silence chez le spectateur moderne.

Enfin, nous sommes deux jeunes apprentis cinéastes, ayant réalisé ensemble depuis près de six ans, plus d’une trentaine de vidéos, dont une douzaine de fictions, et il nous semble important de mener à bien cette réflexion cinématographique au début de notre carrière pour mieux apprivoiser cet art qui un jour, nous l’espérons, sera notre métier.
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Note de production



Ce qui suit sont les conséquences financières de choix artistiques assumés et justifiés. Tout d’abord, le film a une durée de cinq minutes environ ; au-delà, nous craignons que l’effet souhaité ne perde de sa force et de son impact sur le spectateur. Il y a aussi l’idée, ajoutée à celle de faire un film sonore sans sons, de créer l’illusion d’un film hors d’une durée définie. En effet, la durée de cinq minutes nous semble la plus adéquate pour créer l’illusion d’un film plus long ou plus court en fonction des visionnages. Cela ouvre aussi vers de plus larges festivals (notamment orienté vers le très court métrage), et un intérêt certain pour un distributeur permettant ainsi au film d’être diffusé plus largement sur grand écran.

D’un point de vue purement technique, le film s’oriente vers un tournage en couleur pour une diffusion en Noir & Blanc ; en effet, le travail d’étalonnage ne pourra être complet et approfondi qu’avec des rushs en couleur. Le Noir & Blanc symbolise une certaine matérialité de l’image dont nous souhaitons nous rapprocher avec ce film, il est donc essentiel de pouvoir le travailler minutieusement. Economiquement, après une étude de marché, il apparaît qu’une des pellicules les moins coûteuses et les plus performantes est la nouvelle pellicule Kodack Ektachrome 100D, une pellicule couleur parfaitement adaptée à nos besoins.

Certaines séquences sont de réel challenge matériel notamment le plan en Guyane ou celui dans l’abatoir. Après un travail de recherche et de préparation nous avons quelques pistes très prometteuse pour mettre en places ces plans.

Enfin, c’est là sans doute l’une des influences du néo-réalisme sur notre court-métrage, nous ne voulons pas employer d’acteur professionnel. Pour réussir à capturer ce sentiment de réalité, de vérité, plus encore de « vrai » ; nous comptons sur la participation de « civil du cinéma », ou, éventuellement, pour certaines scènes qui demandent peut-être plus de jeu, d’acteurs débutants. Entre la durée du film, la pellicule couleur et ses acteurs – dans tous les sens du terme – le budget nous semble raisonnable par rapport au résultat que nous nous sommes fixé.

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